Les P’tits Loups: une chronique pleine d’humour

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Jacques Seguin

SALUT
LES P’TITS LOUPS !
Chroniques de Courants d’Arts,
Association d’artistes
Tome 2

2009-2011

Dessins de
Daniel Fournier

Disponible sur commande: +33 (6) 60 61 36 06 ou sur le site

« Salut les P’tits loups ! » est le deuxième recueil (le 2006-2009 est épuisé le pauvre) de comptes-rendus rédigés par mes soins aux lendemains des dîners agités et fertiles de notre association d’artistes, Courants d’Arts. C’est le témoignage toujours véridique et bouleversant, parfois insoutenable de la vie d’une association de peintres, sculpteurs, photographes, artistes verriers et céramistes, qui emploient leur pauvre talent à transmettre des émotions à travers leurs œuvres. Les années passent, nos cheveux tombent ou deviennent blancs, mais nous avançons, nous ne renonçons ni à la vie ni à notre art. Témoigner, voilà le maître mot : de notre présence furtive au monde, de notre modeste contribution à la veine tentative de retenir le temps qui vole cyniquement nos existences. La dérision est une arme forte contre la tentation de l’abandon, du renoncement. Utilisée à bon escient envers les gens que l’on aime, elle est salutaire.

Daniel Fournier, que je continue d’éreinter à longueur de chronique, a fait une nouvelle tentative a jeun cette fois, pour illustrer le texte de ses spirituels dessins humoristiques. Il s’est également fendu d’un délectable compte-rendu en mon absence ainsi que d’un droit de réponse.

Jacques Seguin

Extraits:

5 Mai 2010

Salut les p’tits loups,

« En mai, fais ce qu’il te plait ». Les dictons, c’est un peu comme la spéculation sur les marchés financiers : on ne sait pas trop qui en est à l’origine, c’est souvent du grand n’importe quoi et on en paie tous les conséquences. J’escomptais me rendre au dîner chez Gilberte avec mon Marcel mettant en valeur ma musculature et j’ai dû me rabattre sur une veste en laine trouée sous l’aisselle. Les frimas ont eu raison de ma frime. Oui, ce mois de mai est plutôt morose : la Grèce, notre mère à tous, est le jouet des dictats de la finance internationale et malgré le soutien des Doriens, Ioniens et Corinthiens unis dans la défense du style sous chapiteau, Périclès périclite.

Le rot souffre, plonge un peu partout nous dit-on. Partout sauf au dîner Courants d’Arts, où entre le Mouton-Cadet et le Cidre bio, il se maintient à un bon niveau de parité. En hommage au dieu Eole, les convives ont ventilé au rythme des circulations sub-atmosphériques qui menacent de nous envoyer les cendres du Vésuve activées par cette enflure d’Héphaïstos. Pourtant les offrandes à Zeus,  Héra et leurs collègues ne manquaient pas hier soir : velouté de lentilles corail au chèvre en hommage à Nyx, brochettes au gingembre pour flatter Eros, quiche de la mort à l’ail pour Thanatos, et cake en tous genres pour Hypnos. Petite parenthèse ici. Ne nous étonnons pas de toute cette violence au pays d’Athéna. Je vous rappelle cet épisode assez significatif de la mite au logis :

Ouranos détestait sa progéniture, il les envoya donc dans le Tartare, les profondeurs de la Terre. Gaïa, ne supportant pas le traitement infligé à ses enfants, complota une revanche avec ses enfants les Titans : ces derniers maitrisèrent Ouranos pendant que le plus jeune d’entre eux, Cronos, lui sectionna les testicules avec une serpe

Sans commentaires.

Dans l’atelier de Gilberte (merci, c’était formidable), autour d’une table dressée dans toute sa longueur, entre de grandes étagères couvertes de toiles de toute dimension et une verrière lumineuse donnant sur le jardin où s’ébattaient les trois Charites Euphrosyne, Thalie et Aglae (ils ont vraiment des noms à coucher dehors ces divinités ; heureusement toutefois qu’elles sont là, prétextes fallacieux et coquins de représentations d’hommes et de femmes nus aux fesses rebondies…), les convives se sont laissés aller au charme de Calliope, la muse de l’éloquence. Certains commentaires assez virils ne seront pas rapportés ici, mais Priape ne m’en voudra pas.

Commençons par un hommage à Michel et Christine qui font partie de la sélection Boesner (le Dieu scandinave de la beauté) et exposeront à Bordeaux incessamment sous Peu (le Dieux islandais du temps qui passe).

Dans le coin à gauche, grande discussion sur l’art, sa définition, ses attendus, son essence sous-jacente. « Insuffler de l’esprit à la matière » pour Michel, mais bien d’autres choses encore. Sujet et matière, mais alors, que fait l’art dans l’abstrait, sans sujet. Moi : le sujet de l’art abstrait, c’est la peinture. Les autres : mutisme réprobateur. Dyonisos : mort de rire.

En face, Michel dépité de ne pas pouvoir exposer dans un hôpital. Le choix du service est draconien (de Dracon, dieu de l’hésitation et du doigt dans le nez) : gériatrie pour accélérer les choses, hématologie pour faire remonter le sang au visage,  dermatologie pour sauver sa peau ? Tout le monde dans la salle d’attente et on en parle plus.

A ma droite, proposition d’une présence artistique aux Guinguettes sur les bords de Marne, manifestation organisée par la mairie de Saint Maur le dimanche 20 juin entre 12 h et 19 h sur les quais de Champignol et du Mesnil. La municipalité, qui a prêté à la Grèce au taux usuraire de 8%, racle les fonds de tiroir. Une chaise est fournie aux artistes. C’est d’une gaieté folle. Ceux qui veulent participer doivent se faire connaître avant le 21 mai. J’y serai. On se passe un coup de fil, on invite Terpsichore, déesse  de la danse, et on se fait une bouffe.

/…./

Sachez que Fée Clochette ne sera là ni le 1er ni le 10, portée par les vents étésiens vers les rivages de la Chine et son dieu de l’Amour, Mao et ses Tong.

Je vous rappelle également, Hécatonchires mal embouchés, que l’assemblée générale de l’association aura lieu le 9 juin, et non pas le 7 juin comme Mégère et Alecto, déesses de la vengeance, me l’avaient susurré.

N’oubliez pas les peintures de Paul Jacquette exposées chez lui, rue Denfert-Rochereau, et l’exposition de Jean Murgue, dont le vernissage aura lieu le 7 mai à 18 h 30 galerie Prodomus, 46 rue Sébastien dans le XIème, sous les auspices du géant Hyperbios. C’est hyper bien.

/…/

Hermaphrodite s’est penché avec affection et moquerie sur Frank, qui n’arrive pas à joindre les deux bouts et qui cherche à vendre ses vélos d’homme, tandis que Gilberte et France refusent obstinément de chevaucher les tandems sournoisement proposés par leurs maris respectifs. Cypède, le dieu de la roue à rayons, se tord de rire et se voile la face.

A ma gauche, Christine est très en verve, mais je ne vais pas tout raconter, ça ne regarde réellement que Epaphos et Amphion, deux rejetons de Zeus qui de temps à autre, se penchent avec compassion sur nous pauvres mortels, tandis qu’Aphrodite se marre bien devant le portrait qu’a fait d’elle Bronzino (national gallery de Londres). Cette déesse s’en donne à cœur joie avec Cupidon. Prenez un ferry à Calais, faite du stop sur le bas-côté gauche et allez me voir de près ce bout de langue qui effleure la bouche de ce crétin de chérubin. Quel dévergondé ce Bronzino !

Je finirai ce parcours hellène par un hommage à Paul Rebeyrolle qui a envoûté Michel avec ses toiles monumentales présentées à Eymoutier, près de Limoges. Demandez à Dominique C. de vous y emmener en tandem. Elle part dans le Périgord en bicyclette avec les titans Hyperion et Japet.

J’allais oublier. France est à la recherche d’un ressort de plus d’un mètre de haut. Merinos, le dieu des matelas, ne pourra rien pour elle cette fois…

Je vous aime

Jacques

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