Philipe Doublet

Du plus loin que je me souvienne j’ai toujours aimé dessiner

Saisir les contours dans leur juste proportion

Comprendre les formes et les situer dans l’espace

Puis les révéler en les habillant d’ombres et de lumières

Et modeler les surfaces pour en suggérer la texture

 

Devant la toile vierge d’instinct le dessinateur prend le pas

C’est d’abord l’esquisse et sa construction qui m’occupent

Puis avec les pinceaux je m’applique à faire disparaitre le trait

En le masquant sous les couches successives de lavis acryliques

Ou en frottant la toile humide jusqu’à ce qu’il se dilue dans l’eau

 

Avant même d’affronter la toile l’image dans ma tête est déjà présente

J’aime pour le cadrage que le sujet soit rapproché

Afin que l’oeil puisse en saisir tous les détails

Tout en laissant l’imagination cheminer

Le long des lignes qui fuient hors du cadre

 

Au fil du temps mes codes esthétiques se sont affirmés

Qui viennent défier mes intentions figuratives

Dans mes tableaux les lignes verticales ne se rejoignent qu’à l’infini

Et à la fin le grain de la toile et des fragments d’esquisse sont toujours là

Qui contribuent à en atténuer le caractère réaliste

 

A l’école pour dix bons points on recevait une image

Encore aujourd’hui au dernier coup de pinceau l’image est ma récompense

J’éprouve alors la satisfaction de celui qui a su résoudre

Une équation aux multiples inconnues

Et qui offre au regard des autres l’infinité des solutions